Intervenez

Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Lundi 19 février 2018 ; je venais de passer un merveilleux weekend et je m’apprêtais à rentrer chez moi. Mes sacs de voyage, mon bouquet de rose. Je m’étais un peu étalée dans le tram. Il y’avait du monde, et « Pierre » à voulût s’asseoir à côté de moi. J’ai eu la bêtise de lui sourire poliment alors que je lui faisais de la place.

Ca été l’erreur.

Le soir-même il demandait sur une application anonyme, comment je m’appelais, si quelqu’un me connaissait ; honnêtement j’en veux aux personnes qui ont répondu, je leur en veux d’avoir donné mon nom, je leur en veux d’avoir donné mon lieu de travail, d’avoir donné les études que je faisais.

Je l’ai croisé une fois avec des amis, il ne s’est pas gêné pour me faire de avances ; mais « c’est pas méchant » je pensais.

Il est venu plusieurs fois à ma caisse, et à la question « vous avez la carte du magasin ? » ; il répondait « je ne suis pas fidèle » ; bêtement j’ai pensé « c’est pas méchant »

Et puis, j’ai commencé à avoir une boule au ventre. J’avais pas compris que je commençais en fait à avoir peur.

C’était d’un vulgaire, c’était des « je vais me la faire » pour être polie. Il ne comprenait pas que j’étais en couple, il pensait que c’était des mensonges.

Un soir, il m’a attendu à mon arrêt de tram. Parfois, la rai

Il y’a quelques mois, je me suis faite harcelée, il y’a quelques mois, je me suis faite étranglée. Cette histoire est en moi à jamais.

Un banal sourire à un inconnu pour s’excuser de prendre de la place dans les transports en commun s’est transformé en un obsessionnel besoin d’étalé au monde entier des « je vais me la faire cette petite asiat »

Un banal sourire à cet inconnu, s’est transformé en une obsession, où la vie privée peut être rapidement bafoué. Comment des personnes que tu connais, que tu cotoie, peuventt donner prénom, et lieu de travail à un parfait inconnu ?

Je me suis haïs, je me suis détesté d’être moi. Je me suis haïs d’être une femme fragile. Je me suis haïs de ne pas pouvoir en parler. J’ai haïs mon entourage, qui ne comprenait pas.

Combien de fois faudrait-il qu’il m’attrape la main, qu’il m’attrape le bras, qu’il m’interpelle dans la rue ? Combien de fois devrait-il me faire des avances ?

Je regardais par dessus mon épaule, j’ai simplement cessé d’aller en cours, par peur de le croiser seule. J’avais une boule au ventre à chaque fois que je rentrais tard du travail, je m’arrangeais pour ne jamais rentrer seule.

Je vais vous écrire, et je ne vais rien supprimer, les idées peuvent être confus, mais en même temps je veux que vous sachiez que écrire ça, s’est simplement difficile. Je vais essayer de rendre le texte beau par les mots, mais en même je vais les écrire comme ils me viennent.

N’hésitez pas, n’hésitez jamais à intervenir. Je pense à la première fois que quelqu’un est intervenu pour moi, mais je pense aussitôt à la deuxième. Je pense, que j’ai une putain de chance au final, parce que certaines femmes n’ont pas de « héro » ; j’ai eu de la chance, mais tout le monde n’en a pas.

Prenez le temps d’analyser la vie qu’il y autour de vous, prenez le temps d’analyser les personnes.

Et, putain ! Laissez ma tristesse sortir, permettez moi de gérer ma colère, ma haine, permettez moi de laisser vivre mon amertume. Permettez moi… Juste permettez moi de ne pas être forte pour une fois, permettez moi pendant une seconde, une heure, une semaine d’avoir peur. Ne me demandez pas d’être forte. Permettez moi de me sentir soutenue. Permettez moi d’avoir le droit d’être faible.

Même si nous sommes similaires, nous sommes différents. Je suis quelqu’un qui a besoin de digérer les choses, j’en ai voulu aux personnes qui ne comprenaient pas, que même si je n’en parlais pas, j’y pensais à presque chaque seconde. Et, honnêtement ça a pris mon énergie. Ça a fait remuer des souvenirs en moi que je pensais avoir enfoui, et finalement je me suis sentie plus seule que jamais. J’attendais tard le soir pour pleurer, alors que la nuit somnolait près de moi. Et quand je fermais les yeux, s’étaient ses mains froides sur mon cou que je ressentais. Je me réveillais en pleine nuit, j’étouffais et j’avais mal. Et, même quand il n’y avait plus de trace, plus d’hématome sur mon cou, je portais toujours une écharpe.

Et, même si j’avais été porté plainte, je ressentais le besoin de parler, de m’exprimer, je ne voulais pas simplement passer à autre chose ; je voulais en parler à des personnes qui … ne laissaient pas exprimer leurs colères, JE devais être colère, et JE me retrouvais à les calmer. Alors, finalement nous nous sommes éloignés.

Je suis tellement reconnaissante envers les personnes qui sont intervenus, je suis tellement reconnaissante pour les personnes qui m’ont soutenu, qui ont prit ma défense ; et bien sur je suis reconnaissante aux personnes qui ont été outré. Mais, je ne me sentais plus moi-même tout simplement.

J’ai été en colère, de devoir faire comme si la vie reprenait simplement son cours, bien-sûr elle reprenait son cour, mais les choses changeaient forcément.

Et, seules les personnes qui l’ont vécu peuvent comprendre.

Recroiser cet agresseur, se sentir submergé par une vague de panique, ne pas savoir comment réagir, ignorer, exprimer sa colère, son indignation ? Nous réagissons tous différemment, alors pourquoi m’en vouloir d’être tétaniser ? Pourquoi m’en vouloir de honteusement me mettre à pleurer. De ne pas avoir ouvert ma gueule.

N’hésitez par à intervenir, pourquoi une femme devrait chaque matin réfléchir à une tenu qui ne soit pas trop aguicheur ? Pourquoi notre robe préférée devrait devenir notre robe à hantise… Pourquoi devrions-nous avoir peur de porter ce que nous aimons ?

En fait, ce que je voudrais faire passer comme message, c’est n’hésitez jamais à intervenir, mais je reviens sur les sentiments que j’ai ressenti, et je n’arrive pas à le contrôlais, je laisse mes mains écrire, et je me retiens de ne pas pleurer. Je me retiens de passer ma main sur ma gorge pour vérifier qu’il n’existe plus aucune trace, mais les traces elles sont en moi, et à jamais. C’est plus profond qu’une cicatrice. C’est plus douloureux.

Je m’endormais tard le soir, parfois le sommeil acceptait de pointer le bout de son nez, parfois non. Et quand je finissais par m’endormir, je me réveillais paniquer, les premières nuit ont été physiquement douloureux, je sentais les brûlures de ces doigts sur ma peau, les brûlures laissé par ses ongles ; j’avais honte de moi.

Je pense à ces femmes qui n’ont eu personne pour venir à leur aide, et je me dis que ce que j’ai vécu à côté c’est rien ; je pense à ces femmes qui auraient pû avoir quelqu’un pour les aider, mais ce quelqu’un à préférer fuir par peur. Mais merde…

Je suis en colère.

N’hésitez pas à intervenir, essayez de comprendre. Essaye de comprendre que parfois le dépassement de soi-même n’est pas le plus important. J’avance, mais les sentiments sont important, laisse exprimer ma colère.

Je tourne en rond, je ne veux pas rentrer dans les détails de comment, pourquoi, je ne peux pas mettre mes idées claires. Aujourd’hui, je me sens mieux, j’aurai aimé ne pas me sentir seule, me sentir soutenu, ne pas avoir peur d’en parler. Mais je pense qu’on a toujours peur d’en parler, on a peur qu’on nous prenne pour des faibles, mais qu’est-ce qu’il y’a de mal à être faible ?

Il y’a un reportage qui va sortir bientôt sur harcèlement de rue qui va sortir bientôt, je leur partagerais à ce moment ; prenez le temps d’écouter ces femmes, qui racontent leur histoire, dîtes-vous qu’elle peut être n’importe laquelle de vos connaissances, amies, famille.

Et, surtout, montrer sa faiblesse pour moi c’est une forme de force.

Je remercie encore ces personnes qui me sont venus en aide, alors que honteusement je suis partie en courant dès que j’ai pu, sans remercier.

Je suis désolé, si c’est brouillon, je vais même pas me relire pour publier… je ne veux pas avoir à ressentir le besoin de modifier, j’ai écris ce que je pense, ce que je ressens, et je laisse ma colère partir, il en aura fallut du temps, mais je suis prête, prête à en parler, prête à laisser ça derrière moi. Prête à commencer ma nouvelle vie en laissant derrière les mauvais souvenirs. Je suis heureuse, je suis légère. Je veux avancer, et simplement la vie sourit à toutes personnes qui prends conscience qu’il n’est jamais trop tard pour avancer.

Coeur sur la fesse

Noona

2 réflexions sur “Intervenez

  1. Alexath dit :

    Je viens de découvrir ça… Je savais déjà ce qui s’était passé et je sais que je devrais pas mais perso je m’en veux de pas avoir été plus là pour toi. Je sais que cette histoire s’est passée il y a « longtemps » mais j’imagine qu’elle doit encore mijoter au fond de toi. Ça me révolte que des êtres humains qui n’ont pas été conçus différemment de nous se permettent d’étaler leur perversité comme ça sur les autres, de se croire supérieur . Sérieusement il y en a qui méritent de grandes torgnoles dans la face, mais bon si on faisait tous justice nous même le monde serait un chaos. Enfin bon l’important c’est que tu ailles mieux maintenant, je suppose ? L’important c’est de s’exprimer et de dénoncer ces raclures de fond de capote, tu n’es pas seule et j’espère que tu n’auras plus à avoir affaire à des gars comme ça.

    J'aime

    1. Noona dit :

      Merci, Aleeeeeex…. Merci de me lire, et merci pour tes mots… Ça me touche. Honnêtement je vais mieux aujourd’hui, je vais mieux loin d’Orléans, mais c’est vrai que parfois ça me travail encore, et je pense que d’une certaine manière ça m’a changé. Merci Alex, on se voit bientôt, je monte sur Orléans mi-mars 😘

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s