Un weekend particulier

Ça devait juste être un weekend. Un weekend de Janvier prévu au dernier moment. Un weekend à 4, deux couples. Le « ski couple », avait été organisé sur un coup de tête. Mais l’excitation était là. J’avais hâte de toucher la neige, sentir le froid sur mon visage, hâte de rentrer le soir au chaud, et jouer à des jeux de société en se réchauffant autour d’une tasse de thé, de café, de chocolat chaud. Et le mieux dans tout ça c’est que je partais avec des personnes que j’aimais, que j’aime.

3heures de voiture à chanter à tue-tête, à rire, la boule en ventre; j’étais vraiment impatiente. Mon ancien amoureux à mes côtés me réchauffait la main, confiant. On savait que ça allait être un weekend de folie, un weekend inoubliable. Les montagnes sont vite arrivées, et la vue était magnifique, un mélange de blanc, de bleu, d’orange. La neige a fait son apparition au dernier moment, elle se faisait languir; elle est apparût et s’est imposée. Il neigeait, et pas qu’un peu.

A peine le temp de récupérer les clefs et d’installer nos affaires : allons vite chercher skis, ça nous fera gagner du temps le lendemain. Le quatuor s’est séparé, et après quelques mésaventures et quelques vilaines blagues, nous voilà sur la route du retour pour ranger les skis. Je me souviens que j’étais lente. J’avais peur de glisser, et les skis étaient lourds. Il se retournait de temps en temps avec un sourire au coin sur le visage, à la fois inquiet que ça soit trop lourd pour moi, et à la fois excité et lassé de ma lenteur… Son regard disait « Oh, pauvre bébé d’amour ». Évidemment, on n’a pas résisté à la tentation d’une petite balade en amoureux. Ridiculement vêtue d’un gros manteaux, d’une grosse paire de gant, on bataillait avec la neige qui nous brûlait le visage. On n’a pas non plus résister à la tentation de faire une bataille de neige, de rire aux éclats, de glisser dans la poudreuse blanche. Il y’avait comme un lac pas loin, et la vue était magnifique. Quelques batailles de neige, et chutes, plus tard, et il fallait rentrer se réchauffer, et garder nos forces pour le lendemain!

On a joué au junglespeed, et au UNO, et s’était génial. Un bon repas, un bain chaud, et enfin un sommeil bien mérité.

Les pistes étaient fin là ! Comment vous dire que malgré l’excitation, je ressentais quand même de l’inquiétude… alors quand la vendeuse m’a demandé si je voulais une assurance tout risque, je me suis tournée vers mon ancien homme avec un sourire béa. Nous étions des boulets, un boulet + un boulet = deux fois plus de risque ! Une anecdote que m’avait raconté sa mère m’est tout de suite revenue en tête, et c’est sans hésitation que j’ai été la seule à prendre l’assurance tout risque qui était à moins de 4euros !

Enfin, nous y étions, on se dirigeait enfin vers les télésièges ! Le vent, la neige soufflait sur nos visage à mesure que nous nous élevions. Enfin ! Etre sur des skis, c’est se sentir libre de nos mouvements, la vitesse, l’adrénaline ! Mes vieux réflexes revenaient d’eux-mêmes et les souvenirs d’enfance aussi ! C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Et…

Le voilà lui qui zigzague, à droite à gauche, à droite à gauche. Je le voyais du coin de l’oeil, il était rapide ! Peut-être trop. Je le vois se rapprocher de plus en plus vers la gauche. A gauche, il y’a les barrières, mais surtout il y’a moi. Mais c’est trop tard, il n’entends pas mon « A -appelons le A, la plupart d’entre vous savez exactement qui est cette personne- ! A ! Attention putain ! »

C’est trop tard.

Je me sens voler. La douleur arrive assez rapidement, le dos, les jambes. Je n’ai pas le temps de pleurer sur la douleur, je sais que la chute arrive, mais le temps semble se suspendre, alors que j’attends ma fin. Je ferme les yeux, le sol se rapproche. En les fermant, j’ai conscience qu’il se peut que je ne les rouvre pas. J’ai aussi le temps de penser que même si je les ouvrais de nouveau, je serai différente, la douleur dans mon dos est invivable. Je sais qu’il y’a de fort risque, que je ne puisse plus marcher un jour. J’ai peur. Instinctivement, je met mes mains devant moi, dans l’attente…

On dit que lorsque notre fin approche, on voit notre vie défiler devant nos yeux, ça n’a pas été le cas pour moi. Honnêtement, la seule chose à laquelle je pensais c’est le moment où je retrouverai le sol. J’aurai aimé savoir voler pour pouvoir amortir ma chute, mon atterrissage. Mais, je sais que la chute viendra, et la douleur avec. L’attente me paralyse. Néanmoins, pendant un centième de seconde, je suis soulagée quand enfin ma chute se stop. Je roule sur au moins 3mètres. Et, je suis dans l’incapacité de me relever. Je sens mon corps tout a coup froid, et j’ai peur que ça soit ce qu’on appelle la mort.

La douleur arrive après ce qui semble être une éternité. Je n’arrive toujours pas à me relever, et j’entends que l’on s’agite autour de moi. Une partie de moi s’inquiète pour A, je veux m’assurer qu’il va bien, et je crois que c’est ce qui me pousse à me relever, ou du moins tenter de le faire. J’ai peur pour lui maintenant, et si jamais il lui était arrivé quelque chose, je ne m’en serais pas remise. Mon ami T est le premier à venir à mon secours, suivit de près par sa petite amie E. Je ne le vois toujours pas, et ça m’inquiète.
La douleur ne m’empêche pas de m’inquiéter pour mes skis. Et pourtant, je souffre à en pleurer, j’ai l’impression que plusieurs partie de mon corps se sont démembrées.

T me presse de me rapprocher des barrières, en pente, nous pouvons encore glissés à tout moment. Je n’ai toujours pas réussi à me relever, et je me traîne jusqu’aux barrières; au final ce n’est pas vraiment une bonne idée parce que mes genoux me rappellent qu’eux aussi ont subi un choc !

Mais ou est-il, bon sang !! Je n’arrête pas de demander après lui, on essaye de me rassurer, de me dire qu’il arrive, qu’il nous rejoint. Mon cerveau est trop choqué pour comprendre quoi que ce soit, je veux simplement savoir où il est ! Et, enfin je le vois. Il bataille avec ces skis pour remonter la pente. Je me sens enfin soulagé, et je laisse des larmes invisibles faire leurs apparitions. Je me permet enfin de m’inquiéter pour moi… et pour les skis !

Je sais que je dois me relever, je dois me remettre à skier, je sais que si je ne le fait pas, la peur prendra le dessus, et je ne pourrai plus jamais skier de nouveau. Une minute, ou une demi-heure s’écroule quand enfin je me remet debout, et que je me chausse de nouveau. La douleur est toujours présente, mais moi debout, je me dis que rien n’est cassé, et que putain, plus de peur que de mal !

C’était une mauvaise idée. Je ne sens pas toujours mes jambes. Le froid, et la douleur combinaient, c’est comme si mes jambes n’étaient plus mes jambes. Je vois des personnes plus bas sur les pistes, je ne veux pas leur foncer dessus, et pourtant l’idée de pouvoir m’arrêter en fonçant sur quelqu’un me traverse l’esprit. Mais, non, je suis cassée, et je vois mon salut faire son apparition : les barrières en bois, encore. C’est une deuxième fois que je passe par dessus.

Cette fois, je sais que je ne pourrai pas finir ma décente, je cède. Je ne veux pas. S’il vous plaît, s’il vous plaît, ne me forcez pas à descendre les pistes.
Je ne remercierai jamais assez mon ami T, qui prend les devant et appel les pompiers. Je me sens coupable de gâcher leur journée, mais cette fois, c’est trop douloureux. Mon ancien amoureux est là, essaye de me rassurer, mais je sais qu’il est choqué, qu’il s’en veut. Il est là, mais il est tétanisé, comme moi.

Finalement les pompiers arrivent, et je me dis que c’est dommage que mon voyage en moto des neiges se fasse alors que je suis trainée dans un couchage aux urgences.

Je ne voulais pas être trop longue, donc j’ai décidé de raconter le reste de mon périple dans un prochain article. Voilà comment j’ai vécu mon accident !

Bisous sur la fesse droite mes petits chats

Noona

La photo appartient à T.B

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