2019

Le temps a passé vite. Tant de choses sont arrivées. Des instants que je pensais fugaces, sont devenus des instants auxquels je souhaitais me raccrocher.

J’ai ressenti le besoin de prendre du recul. De me recentrer. De retrouver celle que j’étais il y a quelques mois.

Je suis retournée de là ou je viens. Je me rappelle des années de tristesses entrecoupées par quelques instants d’éclat de rire. Je me suis souvenue de cette fille que je pensais triste et à part, et j’ai réalisé que finalement ces instants ont été des instants de légèreté, liberté mais surtout d’enfance. Je ne me sentais pas différente des autres, même si je savais que je l’étais.

En grandissant j’ai pris conscience de l’absurdité de ma condition. J’ai pris conscience du poids sur mes épaules.

J’ai réalisé que mon père, ma mère ne seront jamais présent pour mes premières fois. Mes premières règles, mes premières heures de colle, mes premiers baisers, mes premiers amoureux. Plus encore, mes parents ne seront pas présent pour mon brevet, mon bac, mon permis, mon premier amour, mes premiers émois, mes premières ruptures. Mon diplôme, mon mariage, mes futurs enfants.

J’ai réalisé comme j’y pensais un peu plus chaque jours, tentant de trouver de l’optimisme, de la joie. Dans mes tristesses et mon blues, je réalise que j’ai été entouré ; des tatas attachantes, des cousines grandes soeurs, des tontons paternalistes, des amis en or.

Je rêvais d’une grande et belle famille, j’ai réalisé qu’elle avait toujours été là.

J’écris pour toi Grand mère. Tu es partie emportant avec toi, le dernier lien de maman. Je sais que où tu es, tu ne souffres plus. Je sais que tu as dû retrouver mes parents, et Grand père. Tu as eu une vie remplie. Mais je n’arrête pas de me dire, que tu es partie trop tôt…

Tu te penchais à la fenêtre de la voiture, tu nous tendais quelques pièces. Tu prenais mon partie alors que je faisais des bêtises. Tu ne t’ai jamais remarier après la mort brutale de Grand père, tu as parcouru la terre entière pour sauver tes enfants d’une guerre, tu es arrivé en France sans jamais être rentrer au pays. Et pourtant la seule chose qui me vient en tête, et cette journée d’hiver où tu avais oublié de mettre tes chaussures alors qu’on se rendait chez tonton à 5mins.

Je me rappelle des rassemblement film dans ta chambre passant de Lilo et Stitch à des films d’horreur Hmong. Et j’appréhende encore et encore.

J’ai tenté de rebrousser chemin, voir si je regrettais ces derniers mois. La réponse est non. Je me sens bien, entourée. Je me sens indépendante et je me sens grandis. J’ai passé quelques jours avec ma petite qui m’a rappelé une version de moi que je souhaitais oublié. Je me suis sentie étouffée dans celle que j’étais.

J’ai tenté par le passé de me raccrocher à des choses, des personnes. Je pensais que le confort m’aiderait, mais je m’étais trompée. Je ne regrette rien, aujourd’hui je sais où je veux aller, et ce que je veux.

Je me sens plus comme celle que je voulais être, je devais accepter le changement. Je ne voulais pas perdre le passé, je me raccrochais à celui là par peur d’oublier. Finalement, je sais que mon passé est en moi à jamais, il forge les murs de la carapace qui m’entoure.

J’ai aimé être proche de ma famille, j’ai aimé que l’on se rassemble tous, parce que ça faisait longtemps, mais les circonstances étaient mauvaises. J’aurai aimé qu’on n’attende pas aussi longtemps pour découvrir, pour partager et pour comprendre. Je veux simplement avancer le coeur léger et entouré. 2019, j’espère de toi tellement.

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